Relations interpersonnelles 人間関係

Ijime, dame, zettai ! いじめ、ダメ、絶対!

Je vous l’ai dit mille fois, au Japon il fait bon vivre. Les gens sont délicats, prévenants; l’air y est parfumé de fleurs de cerisier… Oui le Japon dans ses mythes, clichés mais aussi réalités semble être une destination de choix pour qui cherche paix sociale et intérieure.
Pourtant, l’aventure peut rapidement tourner au cauchemar en cela que la société japonaise, elle aussi, offre son lot de discriminations, dysfonctionnements ou violences, le plus souvent psychologiques.

Aucun milieu n’y échappe, ni même aucune tranche d’âge; le harcèlement, la mise à l’écart, l’abus de pouvoir, le harcèlement sexuel sont des concepts qui malheureusement ont bel et bien ancrage dans la société japonaise. Autant vous le dire d’entrée de jeu, comme c’est souvent le cas, les Japonais une fois encore, ne font pas les choses à moitié ! Je vous propose donc une petite mise en revue de toutes les raisons de vous méfier du sourire trop forcé, de l’aimable courbette ou du compliment intempestif car ceux-ci peuvent dissimuler des intentions bien plus sombres.

baby-metalSi vous suivez la musique japonaise, vous aurez peut-être entendu parler d’un groupe dénommé Baby Métal, qui comme son nom l’indique, est la rencontre entre, euh…, des jeunes filles très très jeunes (et habillées très très court) et de la musique métal. Nous ne sommes pas là pour ouvrir un débat musical mais plus pour nous intéresser à l’un de leur tube “Ijime, dame, zettai” (la traduction littérale est difficile tant le mot ijime est fort d’une réalité très culturellement marquée; néanmoins cela pourrait se traduire par “Non au harcèlement!”). Au Japon se faire “ijim-er” revient à subir des brimades constantes, à se faire ostraciser de la manière la plus cruelle qu’il soit, chose qui dans une société fondée sur le collectif, peut avoir des conséquences dramatiques sur l’individu touché. Que l’on soit mis à l’écart, tête de turque de sa classe, “bullied” pour reprendre le terme anglo-saxon, il ne semble pas y avoir de discrimination d’une société à l’autre, le “ijime” ne serait dès lors que partie d’un triste fond commun à la nature humaine. Pourtant, cette pratique au Japon me semble plus insidieuse car moins visible et donc de facto plus difficile à contrer. Il n’est pas évident de recevoir de l’aide quand le “bully” sait bien se cacher. En effet, sous couvert d’une attitude sociale irréprochable où la politesse et le respect d’autrui sont lois, le coupable se verrait donner le bon Dieu sans confession. Ce qui est le plus choquant à mon sens c’est de constater le fossé qu’il peut parfois exister entre le respect de la norme sociale et l’excès dans les dérives. Après de nombreuses années au Japon, j’ai eu loisir de me rendre compte que les Japonais ne font jamais rien à moitié. Pas de demi-mesure, pas de zone grise, pas de mi-figue mi-raisin, le Japon a un côté jusqu’au-boutiste qui est à la fois admirable et terrifiant. Le ijime n’échappe pas à cette règle, et les victimes sont souvent dans des situations psychologiques très précaires qui peuvent amener au suicide. C’est le cas dans d’autres pays, évidemment, ou malheureusement devrais-je dire, pour autant, il n’est pas inintéressant d’analyser les différences culturelles, même sur des sujets qui fâchent ! Qu’est-ce qui rend le “ijime” japonais si… japonais justement? Je l’annonçais en introduction, le contexte social est bien différent, et donne à ce harcèlement un caractère bien particulier.

L’individu japonais ne se définit que dans son appartenance à un groupe. Le “nous” prime sur le “moi”. Le développement social du jeune Japonais est toujours entendu dans une acception collectiviste. Le “moi” n’évolue donc pas seul mais dans une école, un quartier, une entreprise… Que se passe-t-il lorsque l’individu est violemment ostracisé, mis en marge du groupe ? Il y a tout simplement perte fondamentale de repères. Ne pas appartenir à un ensemble qui nous dépasse, revient au Japon à ne pas exister, tout simplement. Vous pressentez peut-être un peu mieux la violence et les effets psychologiques de ce ijime. Le groupe est une entité qui a sa vie propre, sa force et qui peut à bien des égards apporter un réconfort incroyable dans les moments les plus difficiles. Néanmoins, la société japonaise ne permet pas la mise en avant de la réussite individuelle ou simplement de l’individu. Ainsi quand votre groupe d’appartenance vous prend en grippe, quand vos camarades de classe décident de se liguer contre une même victime (la lâcheté du groupe contre l’individu dépasse les différences culturelles !), quand votre patron se met en tête que justement votre tête ne lui revient pas, attention ! L’approche frontale qui viendrait naturellement à l’esprit d’un Français par exemple, qui évolue dans une société où la parole individuelle a un poids véritable et peut s’exprimer sans honte, n’est pas des plus naturelles au Japon. En effet, lorsque l’on a pas été habitué à se défendre, à crier haut et fort ses principes sans peur de la réaction de l’autre, que faire ? Le Japonais a la tendance, à mon sens malsaine, de recourir au “gaman”.

Le “gaman” me dépassera toujours ! Je ne comprends pas comment il est possible dans certaines situations de se résigner. Car le “gaman” c’est la résignation. C’est le “on n’y peut rien”, “je ne peux rien faire”. Cet état d’esprit n’engendre donc aucune action pour se défaire d’une situation pénible. Votre patron vous terrorise ? Vous démissionnez, n’est-ce pas ? ou du moins vous tentez d’adresser le problème. Le Japonais traditionnellement fera “gaman” jusqu’à ce qu’il ait perdu la dernière parcelle de son âme ! Les Japonais ont une capacité à encaisser les coups et à en redemander ! Une telle attitude face à la vie est admirable et permet de s’élever au dessus de la contingence des événements et des vicissitudes de la vie. Pourtant, cette approche peut s’avérer dangereuse si ce n’est mortelle lorsque le ressenti ne suit pas la philosophie. La posture de “grand prince” devant un groupe de persécuteur est admirable, certes, mais si le mental ne suit pas, le grand prince peut rapidement devenir captif des donjons de sa propre résignation. Le savoir-dire-non est en cela primordial. Les Français savent le dire et ne se gênent guère en la matière ! Non à la monarchie, non à telle ou telle loi, tout le monde dans la rue à crier NON ! Certains diront que les Français vont trop loin, qu’ils sont réactionnaires, peut-être, mais cela n’est pas notre propos, toujours est-il que le refus de la fatalité pourrait s’avérer salvateur pour les Japonais en situation de ijime. Savoir extérioriser sa pensée profonde est une arme privilégiée contre les emmerdeurs de tous bords ! Les mots sont la source et la ressource de l’homme libre.

Rappelez-vous les propos de La Boétie dans son célèbre Discours de la Servitude Volontaire: “Or ce tyran seul, il n’est pas besoin de le combattre, ni de l’abattre. Il est défait de lui-même pourvu que le pays ne consente point à sa servitude. Il ne s’agit pas de lui ôter quelque chose, mais de ne rien lui donner.” Si vous vous retrouvez un jour en situation de ijime, ne donnez rien ! Ne donnez pas votre santé mentale, ne donnez pas prise, donnez à la rigueur une bonne paire de claques. Cette approche n’est somme toute pas la plus philosophique, mais elle soulage !

Matthieu Lavalard

いじめ、ダメ、絶対!

これまでに何度も申し上げたように、日本は住みやすい国です。人々は思いやりがあって親切。空気には桜の花の香りが漂い… そう、神話の中の日本、典型的な日本のイメージ。そして実際、治安の良さや心の平安を求めて日本にやってくる人もいるようです。
しかし、この冒険はすぐに悪夢に変わりかねません。日本の社会にも差別、機能不全、あるいは暴力、特に精神的な暴力が存在するのですから。

こうした問題は、あらゆる社会階層、あらゆる年代で生じています。執拗な攻撃、仲間外れ、権力の濫用、セクハラなどは、残念ながら日本社会にしっかりと根を下ろしています。初めに言っておくと、日本人はここでも徹底的にやりますよ!ですから今回の記事では、わざとらしい微笑み、愛想の良いお辞儀、あるいは場違いなお世辞などに用心する理由をすべておさらいしておきましょう。これらの裏には、より薄暗い思惑が隠されている場合があるのですから。

日本の音楽をフォローしている方なら、おそらくBABYMETAL(ベビーメタル)というグループの名を耳にしたことがあるでしょう。名前が示す通り、若い女性たち、それもとっても若い(そして非常にスカートの短い)女性たちと… メタルとが融合したユニットです。ここでは音楽に関する議論を展開するのではなく、彼女たちの曲「イジメ、ダメ、ゼッタイ」に注目したいと思います(イジメという単語は極めて文化的な現実を反映しているので、これをフランス語に直訳するのは難しいです。それでも“Non au harcèlement !(ハラスメントはダメ)”と訳せるでしょうか)。日本で「イジメられる」とは、常に嫌がらせをされたり、これ以上ないほど残酷な形で排斥されたりすることであり、特に後者は、集団を基盤とする日本のような社会においては、標的とされた個人にとって深刻な結果をもたらす場合があります。仲間外れにされたり、クラスで笑いものになったり、英語で言えば“bullied(いじめられ)”たりと、どこの社会でも同じ現象が生じているようです。したがって、“イジメ”は人間に共通して備わっている悲しい性の一部に過ぎないのかもしれません。とはいえ、日本におけるイジメはより狡猾に思われます。より目立たぬように行われるため、事実上、防ぐのが難しいのです。“イジメ”がうまく隠されている場合、ヘルプを受けることは容易ではありません。実際、他人への礼儀と尊敬を絶対とする、社会的に非の打ちどころのない態度の下に、とんでもない悪人が隠れている場合があるのです。私にとって最もショックなのは、社会的規範の尊重と、そこからの極端な逸脱との溝の深さが時に存在し得ると気付くことです。日本に何年も暮らして、私は日本人は何事も徹底的にやるのだ、と気づくことができました。中途半端もグレーゾーンもどっちつかずも無し。日本人には徹底主義者の側面があり、これは素晴らしいと同時に恐ろしくもあります。イジメもこの規則に漏れず、標的とされた人は心理的に大きくダメージを受け、自殺にまで至るケースもあります。もちろん、あるいは不幸にもというべきか、他の国でも生じている問題ですから、文化的な違いを分析することは興味深いでしょう。たとえ心がいらだつテーマであっても!日本の“イジメ”を、まさに“日本的”にしている原因は何か?冒頭で述べた通り、社会的背景が大きく異なるため、このイジメには特殊な性格が与えられています。

日本人は、集団への帰属によってのみ自己を定義します。「私」よりも「私たち」が大切なのです。日本の若者の社会的発展とは、常に集産主義的な承認のなかで実現されます。つまり「私」はひとりでに成長することはなく、学校、地域、企業等々の中で形成されるのです。それでは個人が激しく排斥され、集団からのけ者にされた場合には何が起こるでしょうか?それはすなわち、自分の座標が根本から失われることを意味します。日本で集団に所属しないということは、単に存在しないことに等しいのです。こうしたイジメの暴力や心理的影響については、より適切な説明が可能かもしれません。集団とは、固有の命や力をもち、多くの点で最もつらい瞬間に驚くべき慰めを与えてくれる可能性のある存在です。いずれにせよ、日本社会は個人の成功、あるいは単に個人がクローズアップされることを善しとしません。ですから、自分が所属する集団から反感を抱かれたとき、同級生たちがひとりを標的にして団結したとき(個人に対する集団の臆病さはどの文化でも共通です!)、上司から言う事を聞かないやつだと思われたとき、ご注意を!たとえばフランス人の - 個人の言葉が本当の重みを持ち、臆することなく自分の意見を表明できる社会で育ったフランス人の - 頭に自然と浮かぶであろう真正面からのアプローチは、日本人にとっては不自然な対応と映るものです。反論することや、他人の反応を恐れず自分の主義主張を高らかに主張することに慣れていない場合、どうしたらよいのでしょうか?私の不健全な考えによれば、日本人はこうした場合 「ガマン」に走る傾向があります。

ガマンはいつも、私の手に負えません!どうしてこの状況を甘受することができるのか、理解に苦しむ場合があります。ガマンとは諦めて受け入れることだからです。「どうしようもない」「自分には何もできない」と。したがって、こうした精神状態は辛い状況から逃れるための行動をいっさい生み出しません。上司からパワハラを受けている?フランス人なら当然、辞職しますよね?少なくとも問題提起を試みるでしょう。しかし日本人は伝統的に、自分の魂の最後のかけらを失うまでガマンをします!日本人はパンチを食らい、もっと下さいと言える能力があるのです!こうした態度は見上げたものであり、不測の事態や人生の苦難に動じずにいられる力をもたらします。とはいえ、こうしたアプローチは、感情が哲学に従っていない場合には致命的とまでは行かずとも危険な可能性があります。自分を迫害する集団に対する「偉大な王子」然とした態度は確かに素晴らしいものですが、心がついてこなければ、偉大な王子はすぐに自らの忍従という城塞に囚われの身となりかねません。この場合、最も重要なのは「NO」と言えることです。フランス人はまったくためらうことなくNOと言えます!君主制にNO、あれそれの法律にNO、 誰もがデモに参加してNOと叫びます!フランス人はやり過ぎだ、反動的だという意見もあるでしょうが、今回の議論とは関係ありません。いずれにせよ、必然だという諦めを拒むことは、日本人にとってイジメの状況からの救いとなるでしょう。自分の本当の感情を表に出せることは、あらゆる“うるさいやつら”に対する特別の武器です!言葉は、自由な人間の源であり、苦境を脱する手段なのです。

ラ・ボエシーの有名な『自発的隷従論』の一節を思い出してください。「圧制者には、立ち向かう必要なく、打ち負かす必要もない。国民が隷従に合意しない限り、その者は自ら破滅するのだ。何かを奪う必要など無い。ただ何も与えなければよい。」 もしもある日イジメられる状況に陥ったら、何も与えてはいけません!心の健康を犠牲にしたり、イジメられるような原因を与えたりしないように。やむを得ない場合には、往復びんたを与えましょう。こうしたアプローチは最高に哲学的とは言えないものの、心の重荷を軽くしてくれます

 

 

“Yes… But now in English, please !”敗…でも英語でします!

 

 

In-English-PleaseAh ! l’anglais , langue si convoitée, étudiée, et recherchée mais aussi si redoutée, appréhendée et évitée ! Sans oublier l’incontournable liste des effets secondaires de son apprentissage : « O rage, ô désespoir… ! Je n’y arriverai jamais ! » clamé telle une tirade en France ou « Je n’aime pas l’anglais ! » fréquemment entendu au Japon ! Bien que l’aspect obligatoire de la langue, imposée et non désirée, ait un impact direct sur les dispositions de l’apprenant à son insu, ses résistances personnelles aussi sont instinctivement activées ; plus qu’une hostilité envers l’anglais, ne s’agirait-il pas plutôt d’un manque de confiance en soi ? Des symptômes , des syndromes en vrac, le tout ferait la joie des amateurs de psys, tentés de suggérer : « Allongez-vous et racontez-moi tout mais…en anglais. » Réveil brutal ! « Ah ! toujours le professeur ! » Sans l’aide de remède palliatif, le professeur, devenu caméléon des désirs d’autrui, s’éclipse pour laisser apparaître un autre personnage, acteur et simulateur de situations très chargées en émotions. Est-il réalisable, sans le support d’une méthode, de créer le désir de communiquer, uniquement à partir d’une connaissance commune, partagée entre l’élève et le professeur ?
Daniel Woods, un Américain, envoyé en investigateur auprès des écoles primaires par la mairie de Yokohama, observe les cours d’anglais conduits en japonais par un étranger à Tokyo et en anglais à Osaka. Les enfants interagissent dans l’instant, ou en éclatant d’un rire moqueur lorsque le professeur étranger parle japonais ou en affichant une attitude ennuyée lorsqu’ils doivent écouter et répéter la leçon d’anglais. Certes le signe irréfutable des faits dont Daniel va s’ inspirer et d’où émergera un cours international en anglais, donné par un instructeur étranger sur la culture de son propre pays. La star est l’élève et l’instructeur va guetter toutes ses moindres réactions d’intérêt en développant les points culturels connus des élèves vers de nouveaux rivages, les faire voyager et les surprendre ! Lorsqu’une émotion secoue la classe entière et provoque un raz-de-marée d’indignation, sur un ton désapprobateur et moralisateur , par exemple au sujet des animaux aimés des Français, en particulier le gibier, amour parfois cruel, (enfin, tout se transforme et rien ne se perd dans la chaîne alimentaire), l’effet escompté est palpable ; la classe s’agite, parle et communique. La communication non verbale, dite silencieuse, riche en expressions faciales, le langage gestuel, l’intonation invitent chaque élève à commenter, à jouer et à deviner comme dans une salle de vente aux enchères : « Adjugé à… Qui dit mieux ? » Joe, un instructeur ghanéen, personnalise son introduction en comparant les salutations et les mots cordiaux des deux pays. « Alors, au Japon, on incline la tête de quel côté ? En arrière ou sur le côté ? » « Mais quel maladroit ce prof ! » Prise de compassion, amusée par cette scène, la classe entière le reprend et l’instruit en japonais et …en anglais. Ou bien encore dessinez le drapeau japonais en y mettant un triangle au centre, référence du Mont Fuji, les réactions ne se font pas attendre ; on enchaîne avec un carré, après tout, c’est bien une forme géométrique, les enfants consternés mettent toute leur énergie à guider ce prof complètement « perdu ». C’est l’art de faire monter les enchères : qui dit mieux, qui le sait… ? Devant les esprits enflammés, le professeur va déployer la leçon, la construire pièce par pièce avec la même concentration qu’un chirurgien lors d’une opération : un coup de scalpel maladroit au mauvais endroit et l’horreur peut arriver tout de suite. De même, les enfants, eux, affaissés sur leur chaise vont rétorquer : « Je ne comprends pas ! » Des incidents et incompréhensions, au cours de la leçon, peuvent aussi intervenir entre l’instructeur étranger et l’instituteur japonais, tant que subsisteront ces questions : « Pourquoi n’ intervient-il pas maintenant ? » « Comment lui faire comprendre ? » Ce n’est pas logique… On émet des jugements pour se rassurer. A cette question, Daniel, l’auteur de ce programme, n’a pu résister à répondre : « Mettez un gyrophare sur votre tête et faîtes-le clignoter dans ce cas-là ! » Bonne réponse à une question sur un faux problème ; pourquoi ne pas montrer, suggérer, offrir une belle part d’improvisation à l’instituteur, sachant que titillé, chahuté, il saura aussi surprendre sa classe ? Le doute vient de nous…Vouloir tout contrôler pour mieux faire : lâchons prise, « let it go ».                                                                                                                                                                                                                                                                 Après avoir découvert le fruit du cacaoyer et les animaux d’Afrique et du Ghana en images, à travers le vécu immédiat d’une aventure reconstituée par une grande feuille de papier posée à même le sol ; le « Safari Park » est ouvert ; des empreintes d’animaux dissimulées sous la feuille apparaissent et les élèves partent sur la trace des animaux. Exotisme garantie. Sur un ton plus théâtral, l’art de la table en France : un élève manipule des verres et des ustensiles sous le regard du professeur devenu sommelier, qui s’amuse à ses dépens. Sous le feu de l’action, les élèves pris dans le jeu d’une histoire culturelle, témoins de l’amusement de leur professeur, jubilent de cette complicité établie entre les trois protagonistes, eux, compris. Ils s’entendront dire qu’ils ont néanmoins compris, réellement tout le cours en anglais…Mais comment ? Ils n’en ont aucune idée puisque rien n’a été traduit. L’harmonie…un état difficilement atteint lorsqu’on veut forcer les événements.
Daniel Woods, initiateur de ce projet, désapprouve le mot « shō ga nai » signifiant « there’s no way », pas un simple mot mais un concept au Japon. Aidé par son pragmatisme entreprenant, sa nouvelle approche sur la communication a montré l’autre face d’un nouveau concept « there’s always another way ».

Par Pascale Batori

A vous de jouer !
Cherchez les onomatopées japonais et français en katakana correspondants :

日本語                フランス語
ザブン                    アグラグラ A gla gla !
ハクション                    タガダ Tagada !
ツルツル            スクランチ Scrunch !
パクッ             アイ   Aie !
ブルブル                               プルフ Plouf !
パッパカ               アッチュム Atchoum !
イタッ             スロップ Slurp !

はい…でも英語でお願いします

「はい…でも英語でお願いします!」
英語!これほど人気があり、学ぶ人も多い言語でありながら、これを恐れ、避けている人も大勢います!そして英語学習の副作用の数々も避けては通れません。「おお、怒りよ、絶望よ、絶対に英語などマスターできないであろう…」とフランス人が滔々と述べれば、日本でも「英語は嫌い!」とよく耳にします。希望していないのに無理やり習わされる言語という側面が、学習する側の気持ちに知らず知らず直接的な影響を与えているとはいえ、個人的な抵抗感もまた本能的に掻き立てられているのです。英語に対する反感というよりも、自分に対する自信のなさの問題なのでは? こうした症状・症候群に悩み、勇んで心理学者のもとへと急ぐと、「さあ横になって、すべてを話してみてください…ただし…英語で。」ガバッと目が覚めてしまいます!「ああ!またセンセイか!」対症療法の力を借りることなく、他人の願望に左右される「センセイ」は姿を消し、代わりに別の人物の登場です。あまたの感情にあふれた様々な場面を演じ、シミュレーションする人物です。特定のメソッドを用いることなく、生徒と先生との間で共有される知識のみを基に、コミュニケーションしたいという欲求を生み出すことは可能でしょうか?
横浜市から東京と大阪の小学校に調査員として派遣されたアメリカ人ダニエル・ウッズは、東京では外国人が日本語で教える英語の授業、大阪では英語で教える授業の様子を観察しました。外国人の指導員が日本語を話すと、子どもたちはすぐに互いにしゃべり始めたり、からかうように笑い出したり。そして英語を聞いて繰り返さなければいけなくなると、退屈したような態度をとっていました。これは厳然たる事実であり、ダニエルはこれをヒントに、外国人の指導員が出身国の文化について英語で行う国際的授業を誕生させました。ここでは子どもが主役であり、指導員は生徒たちが少しでも興味を持った点を見逃さず、生徒たちの既に持っている文化的知識を新たな地平へと導きながら、旅をさせ、驚かせます!クラス全体がある感情に揺り動かされ、道徳上許しがたいと憤りに包まれるとき ‐たとえばフランス人が愛する動物、ジビエ(狩猟鳥獣)について、時としてそれは“食べる”という残酷な愛ですが(結局すべては形を変えられるのであり、食物連鎖において無駄なものはないのです)‐ その反響は絶大です。クラス全体が興奮し、互いに意見を交わしあいます。生徒たちは表情、身振り、イントネーションといった非言語的コミュニケーションを駆使してコメントしたり、演じたり、推察したりします。まるでオークション会場のように。「…氏に落札します…さらに高値の方ありませんか?」ガーナ出身の指導員ジョーは、自己紹介の時に日本とガーナの挨拶の仕方を比べます。「さて、日本では頭をどちらに倒すのですか?後ろ?横?」 「このセンセイ、わかってない!」クラスの子どもたちはこの場面を面白がり、憐みに駆られて正しいやり方を日本語と「英語で」教えようとします。さらに、日本の国旗を描くときに、富士山だといって中央に三角形を書き込んでみると、たちまち大反響。次いで正方形。いずれにせよ幾何学的形状ですからね。呆然とする子どもたちは全力でこの「どうしようもない」センセイを導こうとします。これは競売の値を釣り上げる技術と同じです。誰が高値をつけられるか、誰が知っているのか…?子どもたちの燃えたぎる心を前に、指導員は授業を展開し、手術を行う外科医もかくやという集中力で少しずつ組み立ててゆきます。変な場所に不器用にメスを入れればすぐに恐ろしい事態になりかねません。さらに、椅子に沈み込んだ子どもたちが「わかりません!」と言ってきます。授業の途中で、外国人指導員と日本人の教師との間にアクシデントや無理解が生じることもあります。「なぜ今指導員は介入しないのか?」「どうすればわかってもらえるのか?」と。これは理屈ではありません。人は他人を批判して自分を安心させるのです。この疑問に、このプログラムの開発者であるダニエルはこう答えました。「頭の上に回転灯を乗せて、そうした場合には点滅させてください!」的外れの問題に関する質問に対する素晴らしい回答です。指導員にもっと即興の余地を与えるべきではないでしょうか?からかわれたりやじられたりしながらも、彼らもクラスの子どもたちを驚かせる術を身につけることができるはずです。疑いは我々の側から生じます…。よりよい結果につなげるためすべてをコントロールしようと願うのです。ここは諦めて、「ありのまま」に任せましょう。
床に置かれた大きなシートペーパーの上に生き生きと描かれたカカオの実やアフリカ・ガーナの動物のイラストを初めて目にした後、「サファリパーク」の開幕です。シートの下に隠された動物の足跡が表に出され、生徒たちは動物の後を追います。誰もがエキゾチシズムを感じることうけおいです。場面は変わってより演劇調に、フランスのテーブルアート。ひとりの生徒がグラスやカトラリーなどを取り扱い、それをソムリエ役の先生(自分の苦い経験を通して面白がっている)が見守ります。生徒たちはこの文化の歴史に関わるゲームに熱中し、先生が楽しんでいることを目撃し、三者の間の暗黙の合意に大喜びします。そしてすべて英語で行われる授業を理解した、と言うでしょう…でもどうやって?彼らにもまったくわかりません。 というのも、授業中、まったく日本語での説明はなかったのです。意見や感情の一致…特定の状況を押し付けようとしたときには到達することが難しい状態です。
このプロジェクトの主導者であるダニエル・ウッズは、「しょうがない(there’s no way)」という言葉に反対です。これは単なる言葉というよりも、日本で一般的な物の見方です。持ち前の大胆な実用主義を力に、彼のコミュニケーションに対する新しいアプローチは、「必ず別の道がある(there’s always another way)」という新しい見方を提示してくれたのです。

さてここでゲームです!
日本語とフランス語で同じ意味のオノマトペ(擬声語・擬態語)を探してみてください。

日本語          フランス語
ザブン         アグラグラ A gla gla !
ハクション        タガダ Tagada !
ツルツル            スクランチ Scrunch !
パクッ             アイ   Aie !

ブルブル         プルフ Plouf !
パッパカ         アッチュム Atchoum !
イタッ             スロップ Slurp !

 

 

Caban Tomorrow Land

Caban Tomorrow Land
Hayama

Pas touche!  触らないで!

Une, deux, trois ou quatre? Non, je ne suis pas en train d’essayer de me rappeler comment compter jusqu’à dix (j’ai ma calculatrice pour ça) je vous parle du nombre de bises que vous pouvez faire en France pour saluer quelqu’un ! Chacun y va de sa conviction, le nombre varie, selon les régions, selon l’humeur, selon la personne en face ou selon le nombre de personnes à saluer (fatalement si vous arrivez face à vingt personnes, quatre bises par personne, ça fait vite quatre-vingt !). Les Japonais sont plus économes, ils ne se touchent pas !

A mon arrivée au Japon, j’ai dû passer mes premières semaines la joue en l’air face à des Japonaises perplexes qui ont laissé mon invitation à la bise sans réponse (je précise que je n’ai pas d’acné, n’allez pas vous faire des films, je vous vois venir !). Aujourd’hui j’ai le problème inverse. Lorsque je suis en France, je ne peux m’empêcher de faire des courbettes à tout le bout de champ (même au téléphone! Chose qui fait beaucoup rire ceux qui n’ont rien d’autre à faire !). Bise(s), poignée de mains, accolade, ou simple courbette, entre promiscuité et frigidité, que disent ces gestes de notre rapport à l’autre?

Le rapport au corps, voire même à la nudité (partant du principe que quand nous faisons la bise, nous portons rarement une cagoule) participe pleinement de la définition d’une culture, en cela que la codification gestuelle est répétée, mimée et transmise aux nouvelles générations. Ainsi, il serait un peu facile de dire que les Français sont des dépravés en mal d’affection et que les Japonais sont frigides jusqu’au bout des ongles ! Nous ne faisons que reproduire un schéma préétabli qui en dit pourtant long sur une société. Passons ces gestes en revue et tentons de lire entre les bises !

La bise : quel qu’en soit le nombre, la bise impose un contact direct et intime. Quoi de plus personnel qu’un visage ! Dès lors elle dénote un certain niveau de connivence. Nous embrassons un parent, un ami, ou une personne amenée à devenir un ami (présentée par un ami commun dans un contexte sociale décontracté). L’intervention des lèvres accroit le caractère personnel de l’acte. Une mère caressera de ses lèvres la joue de son enfant. Cet acte est donc intrinsèquement communicateur d’un sentiment loin d’être neutre et force est de constater qu’en France, on y arrive assez rapidement. Pas de fausse pudeur, nous communiquons sans complexe notre attachement. Au Japon, c’est plus compliqué. Tout d’abord, les amitiés se construisent sur le long terme. Il est difficile de devenir très proche d’un Japonais. Une amitié se nourrit, s’entretient, ainsi il faudra du temps pour atteindre ce degré d’intimité au Japon. Pourtant même après plusieurs années, toujours pas de bises. Pourquoi donc ? Respect oblige ! Je vais y revenir.

La poignée de main : Celle-ci s’internationalise ! Elle s’est exportée au Japon mais n’est réservée qu’aux Occidentaux. Un Japonais n’aura pas de mal à tendre naturellement sa main à un étranger, conscient de la pratique culturelle. Ce geste cordial, très usité dans le milieu professionnel en occident, est absent des bureaux japonais. On ne se touche toujours pas ! Tendre une main est une affirmation ! On se met en avant (physiquement et socialement), or ceci au Japon est interdit. Le retrait respectueux est de mise dans les relations sociales. L’effacement de soi est nécessaire, la focale est sur l’autre. Vous comprenez donc pourquoi on ne s’embrasse pas ou ne se serre pas la main au Japon. L’action en elle-même est une invasion dans la sphère personnelle d’autrui. Qui sommes-nous pour nous imposer de la sorte ? Telle est la conception maitresse des relations interpersonnelles au Japon, moins de « je », plus de « tu ». C’est ainsi que pour ne pas me blesser, certaines Japonaises qui me voyaient m’avancer pour leur faire la bise, me l’ont parfois rendue dans le but de ne pas me mettre à l’aise face à mon faux-pas. Ne pas faire perdre la face à l’autre est un pilier des relations sociales de l’archipel.

La courbette : comment fait-on alors au Japon pour témoigner un sentiment à l’autre sans le toucher ? En se courbant ! L’analyse qui suit s’applique principalement à des interactions entre adultes. Voir une maman embrasser son bébé n’est évidemment pas rare. Manque de variété me direz-vous ? Certainement pas! Prenez votre rapporteur (vous savez, ce machin semi circulaire que vous aviez dans votre cartable à l’école sans jamais l’utiliser) et mesurez le degré de respect que vous souhaitez donner ! Plus on se courbe, plus on est poli. C’est à vous de moduler selon votre position sociale vis-à-vis de votre interlocuteur. Le positionnement dans l’espace répondra en miroir au positionnement social. Si vous êtes inferieur hiérarchiquement, vous devrez l’être « géographiquement » aussi. (Conseil pour les personnes de plus d’1m80 : mettez-vous au yoga au cas où votre patron mesure 1m60, la souplesse est clef !). Pour finir, on gardera les 90 degrés bien marqués pour l’Empereur, son patron, ou le monsieur des impôts… J’ai volontairement gardé le terme « courbette » dans le but de vous rappeler qu’en France également nous avions une chose bien similaire : la révérence ! La révérence, à l’instar du baisemain, est (malheureusement ?) tombée en désuétude. Ne soyez donc pas trop prompts à condamner les Japonais pour excès de pudeur, nous avions la même !

L’accolade : je clos ce débat gestuel par l’accolade, l’embrassade ou faute de meilleur terme le « hug » américain. A proscrire ! En France, comme au Japon ! Le Français en sera mal à l’aise (surtout pour un premier contact) et le Japonais en fera une syncope. Nos amis américains n’ont aucune difficulté à tomber dans les bras du premier inconnu. Nous ne sommes pas intimes tout de même, alors pas touche !

Par Matthieu Lavalard

触らないで!

1、 2、3、それとも4?いえね、10までの数え方を復習してるんじゃないですよ(それ用には電卓持ってますから)。フランスで挨拶をするとき、軽く頬にする キスの回数の話です!何回するかについては人によって意見が異なり、地方、その時の気分、相手、相手の人数(20人を目の前にしたら、一人に4回すると合 計80回に!)などによっても変わってきます。一方で日本人はこんな労力は費やしません。お互いに触りもしないのですから!

日本にやってき た当初の数週間、私は女性たちの頬にご挨拶のキスしようとして戸惑わせ、空振りに終わるという日々を過ごす羽目になりました(言っておきますが私にニキビ はありません。変な想像しないでくださいね!)。ところが今や逆の問題に直面しています。フランスにいるとき、どうしても深々とお辞儀をしてしまうのです (電話口でも!ヒマ人たちに大いに笑いを提供しています)。キス、握手、ハグ、あるいは単なるお辞儀。密接な身体の接触から冷やかな態度まで、これらのし ぐさから見えてくる私たちの他者との関係について考えてみましょう。

肉体、さらに言えば裸体(頬にキスをするとき、覆面をしていることはほ ぼありませんからね)との関係性は、ある文化を定義する際に全面的に関わってきます。これを通して身振りの体系化が繰り返され、模倣され、次の世代へと受 け継がれます。ですから、「フランス人は愛情に飢えた変質者であり、日本人は爪の先まで冷淡だ」と言うことはたやすいでしょう。お決まりの図式を繰り返し ているだけと思われるかもしれませんが、社会に関する示唆に富んでいるのです。こうした身振りを詳しく検討して、行間ならぬキスの間を読んでみたいと思い ます!

挨拶のキス:何回するにせよ、相手との直接的で密接な接触が必要です。顔ほど個人的なものはありません! ですから、ある程度相手との暗黙の了解が成立していることが必要です。キスをする相手は、身内、友人、これから友人になる人(くつろいだ状況の中で、共通 の友人に紹介された人)です。唇を使う場合は、この行為がますます個人的なものとなります。母親は自分の子供の頬を唇でそっと撫ぜるでしょう。したがっ て、この行為は本質的に、中立とは程遠い感情を伝えるものであり、フランスではこうした状況にかなり早い段階で到達することを認めざるを得ません。フラン ス人は羞恥心を装うことなく、ためらわずに愛情表現をします。一方の日本では、事はより複雑です。まず、友情は長い時間をかけて育まれるものであって、日 本人と非常に親しくなるのは容易ではありません。日本人にとって、友情は徐々に深まり保たれるものであり、ごく親密になるまでには時間がかかるのです。し かし、数年が経過した後でさえ、キスをすることはありません。なぜか?相手への敬意のためです!これについてはまた後でご説明しましょう。

握 手:これは今や世界中で行われていますね!日本にも輸出されている慣習ですが、実践されているのは相手が西洋人のときだけです。日本人は相手が外国人であ れば、握手の手を差し出すことにためらいを感じません。それが西洋の慣習だと知っているから。西洋の職場では、この心のこもった身振りはごく日常的です が、日本の職場ではまったく行われません。やはり相手には触らないのです!手を差し出すことは、前に進み出る(物理的にも社会的にも)という意志の表明で す。しかし、日本ではこれが禁じられています。社会生活の中では、相手を尊重して身を引くことが妥当とされているのです。自己主張しないことが求められ、 他者が重視されます。なぜ日本ではキスや握手をしないか、これでおわかりいただけたでしょう。こうした行為そのものが、他人の私的領域への侵入だからで す。自分はこんな風に自分を押し付けることができるほどの存在か?というのが、日本人の人間関係に対する主な見方です。「自分」を抑え、「相手」を立て る。そういうわけで、日本人女性の中には、キスをしようと歩み寄る私を見て私に恥をかかせないためにキスを返してくれる人もいました。他人の面子をつぶさ ないことが、日本における人付き合いの大きな柱なのです。

お辞儀:それでは、日本では相手に触らずしてどのように思いを表すのでしょうか。 身を屈めることによってです!以下に述べる分析は、主に大人同士のやりとりに当てはまるものです。お母さんが赤ちゃんにキスをする光景はもちろん多々見ら れますから。お辞儀ではバリエーションが少ないって?そんなことありません!分度器(学校カバンの中に入っていたものの、出番が全くなかった例の半円形の アレですよ)を出して、表したい尊敬の念の角度を測ってみてください!身を屈めれば屈めるほど、 丁寧になります。相手に対する自分の社会的立場によって、角度を決めるのも自分次第です。空間における位置づけが社会的位置づけを反映します。立場が下な ら、「位置的にも」下でなければいけません(身長1メートル80以上の人への忠告:ボスが1メートル60の場合は、ヨガの実践を。柔軟性がカギになりま す!)。最終的に、天皇陛下、ボス、あるいは国税局の職員などに対しては90度のお辞儀になるでしょう。ここではわざと「お辞儀courbette」とい う言葉をそのまま使っています。皆さんに、フランスでも同じようなものがあることに気づいてもらえるように。すなわちカーテシーrévérenceです! カーテシーは、手にする口づけと同様、(不幸にも?)現在では廃れてしまっています。ですから、日本人は慎みが過ぎるとすぐに非難しないでください。フラ ンスでも以前は同様の恥じらいがあったのです!

ハグ: 身振りに関するこの議論の締めくくりはハグです。親愛の情を示す抱擁embrassade。アメリカの「ハグ」を超える言い方は見当たりません。これはフ ランスでも日本でも禁止すべき!フランス人はハグに気まずさを感じ(特に初対面の時は)、日本人なら失神モノです。しかしアメリカ人は初対面の人とのハグ にためらいを感じません。それでも別に親密なわけじゃないんだから、どうか触らないで!

ラヴァラ―ル マチュー

 

De l’art de séduire au Japon

日本における誘惑術

 

Séduire au JaponSéduire au JaponSéduire au JaponSéduire au JaponSéduire au Japon

Alors Messieurs ! Vous qui venez d’arriver au Japon, je sens d’ici votre envie de vous plonger au plus vite dans la culture locale ! (Par culture locale entendez « get in da game ! »). Si vous voulez séduire, veillez à éviter certains écueils qui vous conduiront droit à l’échec. Oubliez la terrasse ombragée, la balade romantique sur les quais de Seine ou même la bouteille de champagne hors de prix qui vous a conduit droit à la dialyse suite à la vente de vos reins sur eBay. Je n’ai qu’un mot pour vous : l’aquarium !

Oui vous avez bien lu, l’aquarium, celui-là même avec tous les petits poissons trop mignons qui nagent sans souci dans les eaux de l’amour. C’est THE place to go si vous voulez séduire la belle. Quoi de plus romantique que de déclarer votre flamme sous les yeux émerveillés d’une raie Manta ? Le Tokyo Sealife Park, situé à 5 min de la station JR Kasai Rinkai Koen, répondra à toutes vos attentes, et même plus ! Pour seulement 700 yens (ok, 1400 yens car il y a des limites à la radinerie et il serait de bon ton d’offrir à l’élue de votre cœur son laissez-passer au paradis aquatique de notre ami Nemo) vous vous assurerez un contexte ludique, peu onéreux, et surtout très apprécié par la gente féminine nippone.

Pourquoi tant d’engouement pour l’aquarium ? Est-ce l’attrait de se retrouver sous l’eau sans avoir les cheveux mouillés ?(si vous imaginiez faire des efforts, pensez à votre demoiselle qui, elle, a passé trois heures sur son brushing !). Est-ce le retour en enfance ? (statistiquement, 90% des visiteurs d’aquariums ont moins de 12 ans, âge mental inclus) ou le cri des sirènes qui attire les jeunes japonais dans leurs filets d’algues hypoallergéniques? (bons pour la peau au demeurant). Peu importe puisqu’au final cela semble faire des merveilles. Ne vous méprenez pas, vous ne serez pas dispensés du nécessaire et oh ! combien grisant marivaudage. Même si cette sortie amoureuse peut vous sembler enfantine, voire mal à propos, il faut bien l’avouer, l’aquarium offre un contexte calme, original et propice aux échanges galants.

Par ailleurs, ne me dites pas que vous êtes à jour de votre inventaire ichtyologique (oui ça veut dire poisson !) et qu’il ne vous est jamais arrivé de confondre les nageoires dorsale et caudale ! N’attendez plus, tous à vos tubas et surtout bon courage. Dernier conseil pour ce rendez-vous galant : si vous arrivez à finir votre rancard par une glace qui contient du collagène (le collagène, sa vie, son œuvre, dans l’industrie cosmétique japonaise, c’est toute une histoire), je ne vais pas dire que c’est gagné car en amour, rien n’est jamais acquis, mais c’est plutôt bien parti !

Par Matthieu Lavalard.

 日本における誘惑術

 

日 本に到着したばかりの男性諸君!少しでも早く日本文化の海に潜りたい(つまり“ゲームに加わりたい”)と思っていますね!もし女性を誘惑したいと お望みなら、失敗へとつながるいくつかの危険を避けなければなりません。木陰のテラス、セーヌ川沿いのロマンティックなそぞろ歩き、さらにeBayで腎臓 を売りに出して人工透析まっしぐらになるほど値段の高いシャンパーニュのボトルなどは、すべて忘れてください。みなさんへのお勧めはただひとつ、水族館で す!

そう、読み間違いではありません。水族館。可愛い魚が恋の水の中を悠々と泳ぐ施設。美女の心をひきつけようと思うのであれば、まさに 行 くべき場所です。マンタが感嘆のまなざしで見守るなかでの愛の告白ほど、ロマンティックなことがあるでしょうか?JR葛西臨海公園駅から徒歩5分の葛西臨 海水族園(Tokyo Sealife Park)は、期待以上の体験をもたらしてくれるでしょう。たった700円で(いや、1400円ですね。ケチにも限度があるし、意中の彼女に我らがニモの 楽園へのフリーパスを贈るのが上品というものでしょうから)、日本の女性たちにとても人気のあるレジャーを楽しめるのです。

なぜみなこれ ほ ど水族館に夢中になるのでしょうか?髪を濡らすことなく水の下に潜れるという魅力(本当に実行する場合を想像してみてください。彼女は髪を乾かすのに3時 間費やすでしょう!)?童心に戻りたいから(統計上、来館者の90%は12歳以下です。精神年齢も含めて)?人魚の声に誘われて、日本の若者たちはアレル ギーを起こさない海藻の網に引っ掛かるのでしょうか(お肌のためにはいいですね)? とにかく理由はどうでもいいのです。結果的には素晴らしい成功をもた らしてくれるようですから。ただし誤解しないでください。自分でやるべきことはやらなければなりません。うっとりするような言葉による恋の駆け引きです。 水族館でのデートなど子供っぽい、デートの場にふさわしくないと感じるかもしれません。しかし実際には水族館は静かで、非日常的で、恋人との会話にふさわ しい場を提供してくれるのです。

魚類学の詳細調査を着々と進めていて、背びれと尾びれを間違えたことなど一度もない、などという人は、も ち ろん水族館などへ行かずどうぞシュノーケルを使って頑張ってください。それでは水族館デートについて最後の助言を。逢引きの最後をコラーゲン入りアイスク リームで首尾よく締めくくることになったとしても(日本のコスメ業界ではコラーゲンが大いにもてはやされています)、デートがうまくいったとは言えないか もしれません。恋愛においてはすべてが不確実だからです。それでも、つかみはOKと言えるでしょう!

ラヴァラール マチュー

Du ” moi ” au ” toi ” : stop à la fierté mal placée !

「自分」本位から「他人」本位へ:場違いな自尊心にストップ!

Karaoke5-2Quittez donc les frontières françaises et allez vous heurter aux préjugés de vos voisins étrangers, si vous l’osez…..Le français n’a pas toujours bonne presse ! On l’accuse parfois d’arrogance, d’être exigeant voire même peu engageant. Est-là toute l’histoire ? Ce raccourci ne serait-il pas quelque peu simpliste ? Changeons de contexte et intéressons-nous aux relations sociales au Japon. La comparaison vaut bien le détour.

Les interactions sociales en France sont définies par le ” moi je “, là où le Japon s’enracine dans l’effacement du soi. Le mot ” watashi ” ( ” je ” en japonais ) est d’ailleurs souvent ( et volontairement ) omis dans les conversations journalières. Il est implicite, voilà tout ! Qui veut vivre en harmonie dans l’archipel nippon devra apprendre à s’effacer à la faveur de l’autre. ” Autrui ” est sublimé chez les Japonais et participe d’une entente sociale des plus plaisantes.

Vous l’aurez compris, l’impasse culturelle est inévitable. Le cadre culturel japonais n’offre pas de place à un ” je ” trop marqué. Dès lors, c’est tout un système de valeurs qui se voit mis à mal. Là où nous autres Français, élevés à coups de méritocratie, mis en compétition dans un système universitaire élitiste visant à valoriser l’individu, sommes contraints de toujours nous mettre en avant devant autrui, le Japonais adoptera une approche opposée, destinée à rendre justice à l’autre. Au Japon, si la ” face ” peut se perdre, elle peut également se donner ! La notion de ” face “, peu connue des occidentaux, est omniprésente dans les relations interpersonnelles japonaises et représente un élément central dans la relation avec l’autre. Celle-ci ne doit cependant pas être comprise comme une tentative de briller en socièté ou de se montrer dans toute sa superbe face à son partenaire, mais bien au contraire contribue à conforter les hiérarchies. Ainsi le subalterne donnera de la face à son supérieur et tâchera lui de ne pas la perdre, ni de la faire perdre à l’autre.

Sommes-nous donc condamnés à nous effacer encore et toujours dans un système interactionnel tourné vers autrui ? Eh bien non, justement ! Le Japon propose des garde-fous bien utiles face aux dérives de l’effacement du ” je “. Vous l’aurez peut-être pressenti, entre ” moi ” et ” toi ” il y a “nous “, là nous avançons ! Aurions-nous en France perdu notre capacité à nous poser dans ” l’entre deux ” ? Essayons donc, pour voir, autorisons-nous l’expérience ! Certaines activités purement japonaises ( ou asiatiques plus largement ) permettent ce positionnement délicat duquel découle l’harmonie sociétale tant prisée. Je vous en donne un exemple : le karaoke !

L’analyse de la pratique du karaoke au Japon est révélatrice du besoin de baliser sa relation à l’autre. Un retour vers ” soi ” à travers le ” nous ” permet d’équilibrer la balance sociale. Ouverts 24h/24 les karaoke occupent tous les coins de rue. C’est un peu notre PMU, mais en bien plus classe ! On y va entre amis, entre collègues, et le plus souvent, après quelques verres car il ne faudrait pas se laisser aller ! Des collègues de bureau soumis au quotidien à une pression hiérarchique forte nécessitant le constant effacement du ” moi ” vont pouvoir jouir pendant quelques heures d’une pause bien méritée. Cela ne donne évidemment pas licence au subordonné de dire tout haut à son patron les milles horreurs murmurées secrètement pendant ses heures sup’, mais permet de déconstruire la relation sociale et de la transposer dans la neutralité du ” nous “. Au karaoke, on ne chante pas ” contre ” mais ” avec ‘. On minimise donc l’effet ” Star ac ” ! Dès lors, nul besoin de gérer à la perfection son ” all by myself ” car dans ce nouvel état social, il n’y a pas de jugement ! A cet égard, nous avons beaucoup à apprendre de nos amis nippons. Je l’annoncais en introduction, le Français peut être perçu comme arrogant. Ne serions-nous pas dans un cas classique de surcompensation face à la peur du jugement ? Au PMU, on ne se permet pas de chantonner Céline par peur de la critique ! Le Japonais, lui , n’a pas ces états d’âme. La performance est en option. On chante pour décompresser, on chante ” ensemble “, on chante dans le moment. Le retour au bureau, pour ceux qui n’auront pas succombé à leur coma éthylique, ne posera en outre aucun problème. Ce qui se passe au karaoke, reste au karaoke ! Ouf, nous voilà rassurés ! L’expérience au karaoke au Japon vous permettra d’aller plus en profondeur dans vos relations sociales, amicales voire même professionnelles sans crainte de répercutions. fatalement mettre la honte à son patron sur le dernier tube de Britney Spears, ça peut crisper ! En France peut-être, pas au Japon.

Stop à la fierté mal placée ! Un retrait du ” soi “, exacerbé et potentiellement tourné vers le conflit, vers un ” nous ” consensuel ne vaut-il pas la crainte d’une fausse note ? Si vous êtes convaincus, faites comme moi et lancez-vous : All by myself, ANYMOOoooOOOoooOOOoooRREEEEEEEEE !!!!!!!!!

Par Matthieu Lavalard

「自分」本位から「他人」本位へ:場違いな自尊心にストップ!

 

フランスから一歩外国に出てみると、外国でのフランスに対する偏見に直面す
ることでしょう。必ずしもフランス人の評判は良くありません!横柄、気難しい、ひいては感じが悪い、とまで非難される場合も。この話題について論じると長 くなりそう?こんなまとめ方は簡単に過ぎる? それでは話を変えて、日本における人間関係について少し考察してみましょう。この比較は回り道に値します。
フランスにおける他者とのかかわり合いは「私は(自己主張)」で決定づけられますが、日本では自分を消すという文化が根付いています。日常会話では「私」 という言葉(フランス語の “je”)が省略されることもしょっちゅうです(しかもわざと)。なぜなら、それは暗黙の了解だから。日本で周囲と摩擦を起こさず生きていきたい人は、他 人のために自分を消すことを学ぶ必要があります。日本人にとって「他人」は崇高なものであり、心地よい相互理解を築く鍵となっています。
おわかりのように、日仏の文化の違いによる行き詰まりは避けられません。日本の文化では「私」が目立ちすぎることはありえないのです。そこで我々フランス 人の価値観は砕け散ることになります。能力主義で育てられ、個人を評価するエリート主義の大学制度の中で競争にさらされるフランス人は、常に他人より前に 出ることを強いられています。一方日本人は他人の値打ちを評価するという正反対のアプローチをとります。日本では、「顔(体面)」は失うことができ、同時 に互いに与え合うこともできるのです!日本では人間関係において西洋人にはなじみの薄い「体面」という概念が絶えず付きまとい、中心的な要素となっていま す。ただし、この概念は集団の中で目立とうとするとか、相手より優れている点をひけらかすという意味ではなく、むしろ序列を強化する役割を果たしていま す。例えば部下は上司の顔を立て、他人の面子をつぶすことなく上司の面目を失わせないように努力します。
それでは我々フランス人も、他人を尊重する人間関係という文化の中で、絶えず自分を消さなければならないのでしょうか。答えはノン!日本には、「私」の消 去に対抗する予防線が用意されています。お気づきの方もおられるでしょう。「私」と「あなた」の中間には、「私たち」という概念があるのです!フランス人 も、「二人の間」に身を置く力を持っているはずです。ですから、試しにやってみましょう!まさに日本的な(より広くはアジア的な)アクティビティーの中に は、社会的調和が重視されこの微妙な立ち位置が許されるものがあります。一例を挙げましょう。カラオケです!
日本におけるカラオケの習慣を分析すると、他人との関係に道しるべをつけたいという欲求が明らかになります。「私たち」を通した「私」への回帰が、社会的 バランスを保たせているのです。24時間営業のカラオケ店は町の至る所にあります。フランスのPMU(場外馬券売り場 )のようですが、もっと上品です!友人や同僚と、一杯飲んだ後で行く場合が多いです。景気を付けてから行く必要がありますからね!会社という縦社会で常に 滅私奉公を迫られている同僚たちは、当然得るべき数時間の息抜きを満喫することでしょう。もちろん部下が上司に対して、残業中にこっそり囁かれている数々 の愚痴をその場ではっきり言う、というわけにはいきませんが、人間関係を一度解体して「私たち」という中立的な態度に置き換えることができる場なのです。 カラオケでは、誰かに「対抗して」ではなく「一緒に」歌います。「スター・アカデミー 」のような競争はありません! ですから、「何もかも自分で」完璧に歌う必要はないのです。この新しい人間関係にあっては、審判はないのです!この点については、フランス人は日本人から 学ぶところが多くあります。冒頭で述べた通り、フランス人は横柄だとみられる場合があります。私たちは審判を恐れるあまりの補償過剰 というよくあるケースに陥っているのでは?フランスの場外馬券売り場では、人びとがセリーヌ・ディオンの歌を口ずさむことはまずありません。他人からの 「下手だ」という批判が怖いですから! 一方日本人は、そうした気持ちを持ちません。うまく歌えるかどうかは重要でないのです。リラックスするために歌うのであり、「みんなと一緒に」歌うのであ り、その場限りで歌うのです。飲み過ぎた人以外は、翌日仕事に戻ることに何の問題もありません。カラオケ店で起きたことは、カラオケの場に留まるのです! やれやれ、一安心。日本でカラオケを体験すれば、その影響を心配することなく、人付き合い、友人関係、さらには仕事上での人間関係をも深めることができる でしょう。ブリトニー・スピアーズの最新ヒット曲で上司に恥をかかせることは、フランスでは気まずいかもしれませんが、日本ではそうではありません。
場違いな自尊心にストップ!全体の調和を乱すことが心配ならば、対立を生みかねない激しい自己主張 を引っ込めて、お互いに共感する「私たち」の文化に溶け込むべきでは?この主張に納得された方は、私と同じように思い切ってやってみてください。“何もか も自分で ”はもう止めだ!!!

[1] カフェに併設されている場合が多い。

[1] 勝ち抜き制で歌手デビューを目指すフランスのリアリティ番組。

[1] 劣等生を克服しようとする努力が普通以上の能力を発揮させること。心理学用語。

ラヴァラール マチュー

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *